Découvrir Haguenau

Samedi 7 octobre 2006

UN BREF HISTORIQUE

L'église Saint-Georges fut construite sous Frédéric II le Borgne au Xlle siècle à l'emplacement d'une chapelle romane.
C'est en 1143 que l'évêque de Strasbourg autorise la construction de l'église, elle se terminera en 1189.
On ajouta entre I210 et 1230 le transept ainsi que la tour octogonale. Le transept et la surélévation octogonale de la tour étaient terminés en 1268.
Le chœur gothique dû aux sculpteurs de l'oeuvre Notre-Dame de la cathédrale de Strasbourg fut consacré le 5 septembre 1283 par l'évêque de Bâle.
A partir de 1371 fut entrepris l'agrandissement de la nef qui gagna trois travées signalées par les trois fenêtres gothiques partie haute de la nef.
Les bombardements de 1945 réduisirent l'édifice à l'état de ruine : tour décapitée, murs défoncés, voûtes crevées, vitraux soufflés.
La reconstruction se terminera en 1963, par la pose d'un nouveau maître-autel taillé dans une magnifique pierre en grès rouge, oeuvre de Louis Rudloff.
Le clocher abrite les 2 plus anciennes cloches en activité en Europe (1268).

EGLISE SAINT-GEORGES

INTERIEUR

1) La chapelle Saint-Jacques Le Majeur, à l'origine chapelle funéraire, servait de Saint Sépulcre pendant la semaine Sainte, puis de chapelle baptismale. Elle fut entièrement élevée grâce à la générosité d'un particulier, l'Unterlandvogt d'Alsace, Jacques de Fleckenstein. En 1496, il perdit son épouse, Véronique d'Andlau et en sa mémoire il fit construire cette chapelle (4,50 mètres de longueur et 2,30 mètres de largeur).

2) La petite fenêtre romane qui donne sur le Chörel » date du XIIe siècle. C'est l'ouverture la plus ancienne de l'Eglise.

3) Dans le transept sud : le retable du Jugement dernier. Le corps central date du 19e siècle. Les volets (1496-1497) sont l'oeuvre de Diebolt Martin et représentent à gauche la nativité, à droite l'adoration des mages et les volets fermés l'annonciation.

4) Les vitraux lumineux dus à Jacques Le Chevallier ont été posés entre 1956 et 1969. Ceux du choeur représentent la résurrection du Christ, à gauche les quatre grands prophètes, à droite les quatre évangélistes. Dans le transept nord : Les mystères du rosaire et dans le transept sud : Saint-Georges, Saint Nicolas, Sainte Odile et Saint Arbogast.

5) La custode -Sakramentshäuschen- ( 1523) réalisée par le sculpteur Frédéric Hammer, est un véritable joyau de pierre ciselé en dentelles. Elle représente le buisson ardent par ses flammèches torsadées. Dans la flèche surmontant le tabernacle sont placées plusieurs statues ; tout en haut, on peut distinguer le chevalier Saint-Georges.

6) Dans le transept nord : le retable du Saint Sacrement, réalisé au XVe siècle. Au centre, la Vierge à l'enfant dans une mandorle rayonnante entre Saint André à gauche et Sainte Barbe à droite. Les volets peints du triptyque ouvert représentent Saint Martin et Saint Nicolas. Les volets fermés : Sainte Anne portant Jésus et Marie enfants et Sainte Catherine.

7) La chapelle Saint Jean Baptiste, autre petite chapelle latérale, fut élevée quelque temps après la chapelle de Jacques de Fleckenstein par l'Oeuvre de Saint-Georges, de 1517 à 1519. Elle s'élève sur le côté nord de l'église, dans la première travée du collatéral. Elle aurait pu servir de chapelle funéraire à quelque commandeur des chevaliers de Malte.

8) La chaire, dont le combat de Saint Georges contre le dragon orne la rampe, est l'ouvre de Veit Wagner (1500). Figurent sur la chaire les quatre Évangélistes et deux Pères (le l'Église : Saint Ambroise et Saint Grégoire le Grand. Nous pouvons reconnaître de gauche à droite
- Saint Grégoire, avec la croix et la tiare pontificale.
- Saint Jean, avec l'évangile et l'aigle.
- Saint Luc, avec l'évangile et le boeuf.
- Saint Matthieu, avec l'évangile et un homme à ses côtés.
- Saint Ambroise, avec sa mitre d'évêque, un livre ouvert vers 'te public.
- Saint Marc, avec l'évangile et un lion.

9) En 1488, Clément De Bade sculpte un grand Christ en bois, visible en face de la chaire. (dimensions de la croix : 4 mètres de longueur et 2.75 mètres de largeur.)

10) L'orgue Walcker (XIXe siècle) ayant subi de graves dommages lors des bombardements de 1944-45, sera définitivement restauré en 1988 par le facteur d'orgue KERN.


EXTERIEUR

11) Lutte le «Chörel» et la chapelle St Jacques : les fameuses « griffes du diable » pourraient être les traces des glaives des soldats qui se plaçaient sous la protection de St Georges avant de livrer bataille.

12) Le « Chörel » est situé à l'entrée sud, cet auvent était en bois au Moyen-Age. On y bénissait les mariages et on y accomplissait les cérémonies introduisant le baptême ; la Vierge du « Chörel » placée sur l'autel est du XIVe siècle.

13) Sur le contrefort du transept Sud près du Chörel figurent des étalons de mesure de longueur utilisés à Haguenau.

14) On distingue deux graffitis figurant sur un montant de la porte (portail Nord) ouvrant sur le bascôté. Ils représentent des chevaliers en armure sur les chevaux, et datent du XIIe siècle.

Eglise Saint-Nicolas

Frédéric Barberousse fit rédiger en 1189 un édit selon lequel on devait construire un établissement qui aurait à assurer du pain pour les pauvres et un abri pour les voyageurs sans ressources et sans asile" Le tout placé sous le patronage de Saint Nicolas et géré par des religieux : les Prémontrés.
Cet hospice était situé en dehors de la première enceinte de la ville et son sanctuaire devint l'église paroissiale du quartier nord de Haguenau.
Les crises sociales, économiques et religieuses du bas Moyen-Age obligèrent les moines à vendre le monastère à la Ville.
Durant la guerre de Trente Ans, la paroisse démunie de pasteurs, fut desservie par les Augustins et les Dominicains.

I. - ORIGINE DE LA PAROISSE :
Frédéric Ier Barberousse, couronné empereur en 1152, voulut doter la Ville de Haguenau d'un refuge pour les nombreux pèlerins qui venaient ici vénérer les saintes reliques et admirer les insignes împériaux qui se trouvaient à la chapelle impériale du Château de Hohenstaufen. Parmi ces pèlerins, on comptait beaucoup de malades et de pauvres.
Frédéric Barberousse fit rédiger en 1189 un édit selon lequel on devait construire un établissement qui aurait à assurer du pain pour les pauvres et un abri pour les voyageurs sans ressources et sans asile" Le tout placé sous le patronage de Saint Nicolas et géré par des religieux : les Prémontrés.
Cet hospice était situé en dehors de la première enceinte de la ville et son sanctuaire devint l'église paroissiale du quartier nord de Haguenau.
Les crises sociales, économiques et religieuses du bas Moyen-Age obligèrent les moines à vendre le monastère à la Ville.
Durant la guerre de Trente Ans, la paroisse démunie de pasteurs, fut desservie par les Augustins et les Dominicains.
Après l'occupation de la Ville par les troupes françaises en 1635, les Prémontrés d'Allerheiligen en Forêt Noire, rachetèrent l'église et le couvent et reprirent leur service à Saint Nicolas, ceci jusqu'à la Révolution française de 1789. Depuis, la paroisse est desservie par le clergé séculier.
II. - HISTOIRE ARCHITECTURALE:
De la première église romane, il ne reste que la partie inférieure et carrée du clocher. Le clocher actuel, 59 m, abrite 5 cloches. Le bourdon pèse 3.540 kg.
Sous l'architecte Dietrich fut élevé la choeur gothique et érigée une nef de 7 travées. Les colonnes cylindriques supportent de beaux chapiteaux décorés de feuillage. Ces feuillages varient d'un pilier à l'autre. Les ogives croisées dans la grande nef sont de pierre, dans les bas-côtés de briques (la pierre de taille était chère et les Prémontrés étaient pauvres)
Travaux d'agrandissement en 1424 : on allonge la nef de 4 autres travées, ce qui en fait 11 en tout On remarque de belles clefs de voûte avec des têtes, des feuillages, des armoiries de prévôts et d'échevins.
Dimensions de d'église : 55 m de long, 16 m de large, 13 m de haut.

La restauration de l'église, après la guerre, a su dégager les belles lignes de la construction gothique dans toute sa pureté.

III.- RICHESSES A DECOUVRIR A L'INTERIEUR DE L'EGLISE :

Toutes les boiseries, sauf le Crucifix au milieu du choeur, proviennent de l'Abbaye cistercienne de Neubourg. Cette abbaye, située à une douzaine de kilomètres de Haguenau, a été détruite pendant la Révolution, et la Paroisse a pu sauver et acheter à temps ces joyaux de style baroque du XVIIIe siècle.

Buffet d'orgue : orgue construit par Johann Georg Rohrer en 1745, contemporain de Silbermann, transféré ici par Miche! Stiehr, restauré par la Maison Kern de Strasbourg.

Chaire : parabole du "semeur", Christ le Bon Pasteur, Saint-Bernard patron des Cisterciens, angelots avec les tables de la Loi.

Les quatre Pères de I'Eglise : St Augustin, St Ambroise, St Jérôme, St Grégoire le Grand (voir écriteaux à leurs pieds).

Les stalles : en partie style classique, baroque, voire rococo.
Admirons les sièges dans les stalles, avec les sculptures (miséricordes).
Dans l'abside Nord :"Dieu le Père avec le globe terrestre" - "la Vierge avec l'Enfant" - une "Sainte Cène'.
Tout près, à côté de la petite porte de sortie :- un bas-relief en grès vosgien (16e siècle) : “Christ sous le pressoir" (figuration symbolique) .

Dans l'abside Sud : 3 petites statues : St Joachim, St Joseph, St Nicolas. Dans la petite chapelle carrée, bas-côté Sud : un beau calvaire et une Piéta du XVe siècle

A la sortie : chapelle du Saint Sépulcre - XIVe siècle - gothique flamboyant - Christ gisant les Saintes femmes avec leurs Parfums, leurs huiles ; en bas, les soldats romains endormis. Le tout coiffé d'un baldaquin à 3 arcades. Très belle perspective depuis l'autel sur la grande nef et l'orgue. En 1994. installation d'un nouvel éclairage, lustres, etc....

Les vitraux (années 1950 à 1960) proviennent d'un atelier d'art sacré en Lorraine (Arthur Schouler de St- Avold).